7 sept. 2026

IFRS 7 en 2026

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IFRS 9 et IFRS 7 sont deux normes complémentaires. Là où IFRS 9 définit notamment comment les instruments financiers sont classés, évalués et dépréciés, IFRS 7 précise quelles informations doivent être communiquées aux utilisateurs des états financiers.

Depuis 2026, plusieurs évolutions d’IFRS 7 sont applicables, notamment à la suite des amendements publiés par l’International Accounting Standards Board (IASB) en mai 2024.

Ces évolutions renforcent la transparence autour des instruments financiers, de leurs caractéristiques et des risques associés.

Pour les entreprises, l'enjeu ne se limite donc pas à produire des chiffres : il faut également être capable de les expliquer, de les justifier et de tracer les données qui les sous-tendent.

Cet article complète notre article consacré à IFRS 9 en 2026. Il présente les principales exigences d’IFRS 7 et les évolutions à connaître en 2026, avec un focus sur les risques, le reporting et les enjeux data.

IFRS 7 : à quoi sert cette norme ?

IFRS 7 est la norme consacrée aux informations à fournir sur les instruments financiers.

En anglais, on parle de disclosures.

Le terme peut sembler technique, mais l'idée est simple : une entreprise ne doit pas seulement publier des montants. Elle doit également fournir suffisamment d'informations pour permettre aux utilisateurs de ses états financiers de comprendre :

  • l'importance des instruments financiers dans sa situation financière et ses résultats ;

  • les risques auxquels elle est exposée ;

  • la manière dont elle gère ces risques ;

  • certaines caractéristiques des instruments financiers détenus.

On peut donc résumer la différence entre les deux normes ainsi :

IFRS 9 : comment comptabiliser et évaluer ?
IFRS 7 : quelles informations fournir pour comprendre ces instruments et leurs risques ?

Les deux normes fonctionnent ainsi comme deux faces d'un même dispositif.

1. Quels sont les principaux risques couverts par IFRS 7 ?

IFRS 7 demande notamment aux entreprises de fournir des informations permettant d'évaluer les principaux risques liés aux instruments financiers.

Trois catégories sont particulièrement importantes :

Le risque de crédit

C'est le risque qu'une contrepartie ne respecte pas ses obligations financières.

Par exemple :

Une banque accorde un prêt à une entreprise. Si cette entreprise ne rembourse pas le prêt, la banque est exposée à un risque de crédit.

C'est ici que le lien avec IFRS 9 et les Expected Credit Losses (ECL) devient particulièrement important.

IFRS 9 permet notamment de déterminer comment les pertes de crédit attendues sont comptabilisées.

IFRS 7 permet ensuite de donner aux utilisateurs des comptes une vision des risques de crédit auxquels l'entreprise est exposée et des informations pertinentes sur ces pertes.

Le risque de liquidité

Il correspond au risque qu'une entreprise ne puisse pas faire face à ses obligations financières lorsqu'elles arrivent à échéance.

Pour une banque, cela peut notamment concerner sa capacité à honorer ses engagements de financement.

Pour une entreprise industrielle, cela peut par exemple concerner le remboursement de dettes financières ou le paiement d'autres engagements.

Les informations fournies doivent permettre de comprendre l'exposition de l'entreprise à ce risque et la manière dont elle le gère.

Le risque de marché

Il correspond au risque que la valeur ou les flux de trésorerie futurs d'un instrument financier évoluent en raison des variations des marchés.

Il peut notamment être lié :

  • aux taux d'intérêt ;

  • aux taux de change ;

  • aux prix de certains instruments ou actifs financiers.

L'objectif d'IFRS 7 est ici de donner aux utilisateurs des comptes une meilleure visibilité sur l'exposition de l'entreprise.

2. IFRS 7 et IFRS 9 : quel lien avec l'ECL ?

C'est probablement l'un des meilleurs exemples pour comprendre la complémentarité entre les deux normes.

Avec IFRS 9, une entreprise peut devoir calculer une perte de crédit attendue, ou ECL.

Ce calcul s'appuie notamment sur :

  • l'exposition au risque de crédit ;

  • l'historique des défauts ;

  • les probabilités de défaut ;

  • les pertes en cas de défaut ;

  • les informations disponibles sur l'environnement économique ;

  • des informations prospectives.

Mais produire un montant d'ECL ne suffit pas.

L'entreprise doit également être capable d'expliquer les informations qui permettent aux utilisateurs des états financiers de comprendre son exposition au risque de crédit.

Exemple

Une banque comptabilise 100 millions d'euros de pertes de crédit attendues.

IFRS 9 intervient notamment pour déterminer :

Comment ces 100 millions sont-ils calculés et comptabilisés ?

IFRS 7 intervient notamment pour répondre à :

Que doit-on communiquer pour permettre de comprendre le risque de crédit auquel la banque est exposée et les informations associées ?

C'est donc une chaîne complète :

Données de crédit → modèle ECL → comptabilisation IFRS 9 → informations à fournir IFRS 7

3. Les informations sur la gestion des risques

IFRS 7 ne s'intéresse pas uniquement aux montants présents dans les états financiers.

Les entreprises doivent également fournir des informations permettant de comprendre comment elles gèrent les risques liés aux instruments financiers.

Cela peut notamment conduire à expliquer :

  • les politiques de gestion des risques ;

  • les méthodes utilisées pour identifier et mesurer les risques ;

  • les dispositifs de contrôle ;

  • les évolutions de l'exposition aux risques ;

  • les concentrations de risques.

L'objectif est de permettre au lecteur de ne pas seulement constater un chiffre, mais de comprendre ce qu'il signifie.

4. Les évolutions d'IFRS 7 applicables depuis 2026

C'est ici que l'actualité 2026 devient particulièrement intéressante.

En mai 2024, l'IASB a publié des amendements concernant la classification et l'évaluation des instruments financiers.

Ces amendements ont modifié à la fois IFRS 9 et IFRS 7.

Les changements concernent notamment :

  • certaines caractéristiques des flux de trésorerie contractuels ;

  • certains actifs financiers présentant des caractéristiques particulières ;

  • les informations à fournir sur certains instruments financiers ;

  • certains éléments liés aux règlements électroniques.

Ces modifications sont applicables aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026.

5. Les instruments avec des caractéristiques contractuelles particulières

L'un des changements importants concerne les actifs financiers dont les flux de trésorerie contractuels peuvent varier en fonction de certains événements.

Ces situations peuvent notamment se rencontrer lorsque les conditions contractuelles d'un instrument prévoient des mécanismes particuliers liés à des événements contingents.

L'analyse de ces instruments est importante pour IFRS 9, notamment dans le cadre du test SPPI.

Mais elle a également une conséquence sur IFRS 7 :

certaines caractéristiques doivent désormais faire l'objet d'informations supplémentaires.

L'objectif est de permettre aux utilisateurs des états financiers de mieux comprendre la nature de ces instruments et leurs effets potentiels.

6. Les actifs financiers avec des caractéristiques liées à des objectifs environnementaux ou sociaux

Les produits financiers intégrant des caractéristiques liées à des objectifs environnementaux, sociaux ou autres critères de performance sont devenus plus fréquents.

Par exemple, un prêt peut prévoir une variation de son taux d'intérêt en fonction de l'atteinte de certains objectifs de performance.

Cela pose une question importante pour IFRS 9 :

Les flux contractuels restent-ils compatibles avec les critères permettant une évaluation au coût amorti ou en FVOCI ?

Les amendements de 2024 apportent des précisions sur l'analyse de certaines caractéristiques contractuelles.

IFRS 7 complète cette approche en renforçant les informations permettant aux utilisateurs de comprendre certains instruments présentant ces caractéristiques particulières.

7. Les nouveaux disclosures pour certains instruments en FVOCI

Les amendements de 2024 introduisent également de nouvelles informations à fournir concernant certains instruments de capitaux propres désignés à la juste valeur par les autres éléments du résultat global (FVOCI).

L'objectif est d'améliorer la transparence sur ces investissements et sur les effets qu'ils peuvent avoir dans les états financiers.

Pour les entreprises concernées, cela peut nécessiter de disposer de données supplémentaires ou de faire évoluer les processus de reporting.

8. Les paiements électroniques : IFRS 9 et IFRS 7 évoluent ensemble

Les amendements de 2024 traitent également de certaines opérations réglées via des systèmes de paiement électronique.

IFRS 9 précise notamment les conditions dans lesquelles une entreprise peut appliquer une option comptable spécifique pour certains passifs financiers réglés électroniquement avant la date de règlement.

Même si ce sujet relève principalement d'IFRS 9, il illustre bien le fonctionnement conjoint des deux normes :

IFRS 9 définit le traitement comptable.

IFRS 7 encadre les informations à fournir sur les instruments financiers concernés.

9. Les Annual Improvements : des changements plus discrets, mais à prendre en compte

IFRS 7 fait également partie des normes concernées par les Annual Improvements to IFRS Accounting Standards - Volume 11.

Ces améliorations apportent différentes corrections et clarifications à plusieurs normes, dont IFRS 7 et IFRS 9.

Elles sont applicables aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026, avec possibilité d'application anticipée.

Il ne s'agit pas d'une refonte complète d'IFRS 7.

Mais pour les entreprises qui maintiennent des référentiels comptables et des systèmes de reporting, ces changements doivent être intégrés dans la veille réglementaire.

10. IFRS 18 va également modifier le paysage du reporting

Une autre évolution à anticiper est IFRS 18 - Presentation and Disclosure in Financial Statements.

Publiée en avril 2024, cette nouvelle norme porte sur la présentation et les informations à fournir dans les états financiers et sera applicable à partir du 1er janvier 2027.

IFRS 18 ne remplace pas IFRS 7.

Cependant, elle déplace et modifie certaines exigences qui figuraient auparavant dans IAS 1, notamment certaines dispositions désormais intégrées à IFRS 7.

Pour les entreprises, cela signifie qu'une partie des travaux de préparation au reporting 2027 doit déjà être anticipée.

11. Une norme qui devient de plus en plus « data-driven »

C'est probablement l'un des enjeux les plus importants pour les entreprises.

Une information financière publiée dans les états financiers peut provenir d'une chaîne de données complexe.

Prenons le risque de crédit.

On peut avoir :

Systèmes transactionnels

Données clients et contrats

Données de risque

Modèles ECL

Résultats IFRS 9

Agrégation des données

Disclosures IFRS 7

États financiers

La qualité du disclosure dépend donc directement de la qualité de la donnée en amont.

12. La traçabilité devient un enjeu majeur

Pour répondre aux exigences d'IFRS 7, les entreprises doivent être capables de répondre à des questions simples en apparence :

D'où vient cette donnée ?

Quel système l'a produite ?

Quelle transformation a-t-elle subie ?

Quel modèle ou quelle règle a permis d'obtenir ce résultat ?

Peut-on reproduire le calcul ?

Quelle donnée a finalement été publiée dans les états financiers ?

Cette capacité à suivre la donnée depuis sa source jusqu'au reporting correspond à un enjeu de data lineage, ou traçabilité des données.

Elle devient particulièrement importante lorsque les informations financières sont produites à partir de plusieurs systèmes et plusieurs modèles.

13. IFRS 7, Finance, Risk et Data : un travail nécessairement transverse

L'application d'IFRS 7 ne relève donc pas uniquement de la comptabilité.

Plusieurs équipes peuvent être impliquées :

Finance

Elle définit et produit une partie des informations financières publiées.

Risk

Elle fournit notamment les données et analyses relatives aux risques de crédit, de marché ou de liquidité.

Data

Elle garantit la disponibilité, la qualité, la cohérence et la traçabilité des données.

IT

Les systèmes doivent permettre de collecter, transformer, stocker et restituer les informations nécessaires.

Audit et contrôle

Ils vérifient notamment la cohérence et la justification des informations publiées.

IFRS 7 devient ainsi un véritable sujet transverse entre Finance, Risk et IT.

14. Que doivent faire les entreprises en 2026 ?

Pour rester conformes au référentiel applicable, plusieurs actions peuvent être envisagées.

1. Identifier les changements applicables

Commencer par vérifier les amendements IFRS 7 applicables depuis le 1er janvier 2026.

2. Analyser les instruments concernés

Identifier les produits financiers présentant des caractéristiques contractuelles particulières.

3. Revoir les données nécessaires au reporting

Vérifier que les données nécessaires aux nouveaux disclosures sont disponibles et suffisamment fiables.

4. Contrôler la traçabilité

Être capable de relier les informations publiées aux données sources et aux traitements appliqués.

5. Revoir les processus de reporting

Les nouveaux besoins d'information peuvent nécessiter des évolutions des chaînes Finance, Risk et IT.

6. Anticiper IFRS 18

Même si IFRS 18 n'est applicable qu'à partir de 2027, les entreprises doivent déjà préparer leurs processus et systèmes de reporting.

15. Et après 2026 ? Les travaux de l'IASB continuent

Il est important de distinguer les exigences actuellement applicables des projets encore en cours.

En 2026, l'IASB poursuit notamment son Post-implementation Review d'IFRS 9 sur la hedge accounting, qui inclut également les exigences de disclosure correspondantes d'IFRS 7. En juillet 2026, l'IASB a examiné les retours recueillis lors de la première phase et a travaillé sur les questions qui figureront dans une future demande d'information.

Par ailleurs, l'IASB a publié un Exposure Draft Risk Mitigation Accounting, proposant des modifications d'IFRS 9 et IFRS 7. La consultation a été prolongée jusqu'au 30 novembre 2026.

Attention : ces propositions ne constituent pas encore des exigences IFRS applicables.

C'est une distinction importante dans une veille réglementaire :

Norme publiée et applicable ≠ projet de norme ≠ proposition de modification.

16. IFRS 7 en Europe : quelle réglementation prendre en compte ?

Pour les entreprises qui appliquent les IFRS dans l'Union européenne, il faut également vérifier le statut d'adoption européen des modifications.

Les amendements de 2024 à IFRS 9 et IFRS 7 ont été adoptés par la Commission européenne via le règlement (UE) 2025/1047 du 27 mai 2025, qui modifie le règlement (UE) 2023/1803.

Cela permet de distinguer deux niveaux :

IASB / IFRS Foundation
→ définit et fait évoluer les normes IFRS.

Union européenne
→ adopte les normes IFRS applicables dans le cadre européen.

Pour une entreprise européenne, une veille réglementaire sérieuse doit donc vérifier à la fois le référentiel IFRS et son adoption dans l'UE.

IFRS 7 en 2026 : ce qu'il faut retenir

IFRS 7 ne change pas la manière dont une entreprise comptabilise un instrument financier : c'est principalement le rôle d'IFRS 9.

Son rôle est différent mais tout aussi important :

donner aux utilisateurs des états financiers les informations nécessaires pour comprendre les instruments financiers détenus par l'entreprise et les risques auxquels elle est exposée.

En 2026, plusieurs évolutions doivent être prises en compte, notamment les amendements de 2024 applicables depuis le 1er janvier 2026 et les Annual Improvements.

Pour les entreprises, l'enjeu dépasse donc la production de quelques tableaux supplémentaires.

Il s'agit de construire une chaîne fiable :

Données → Risques → Modèles → Comptabilisation → Reporting → Disclosure

La qualité du reporting IFRS 7 dépend ainsi directement de la qualité, de la gouvernance et de la traçabilité des données.

Dans un environnement financier de plus en plus complexe, cette capacité à relier les données sources aux informations publiées devient un véritable enjeu stratégique pour les équipes Finance, Risk et IT.

Sources de référence