1 sept. 2026

IFRS 9 en 2026 : les dernières évolutions

Beyond Finance

Logo invivoo.

Grow

Together

low angle photo of curtain wall building

1 sept. 2026

IFRS 9 en 2026 : les dernières évolutions

Beyond Finance

Logo invivoo.

Grow

Together

low angle photo of curtain wall building

1 sept. 2026

IFRS 9 en 2026 : les dernières évolutions

Beyond Finance

Logo invivoo.

Grow

Together

low angle photo of curtain wall building

Depuis son entrée en vigueur en 2018, IFRS 9 Instruments financiers a profondément modifié la manière dont les entreprises comptabilisent leurs actifs financiers et anticipent leurs pertes de crédit.

Mais la norme n’est pas restée figée.

En particulier, les modifications publiées par l’International Accounting Standards Board (IASB) en mai 2024, ainsi que plusieurs améliorations applicables depuis le 1er janvier 2026, viennent préciser certains traitements liés à la classification et à l’évaluation des instruments financiers, aux paiements électroniques, aux caractéristiques contractuelles des actifs financiers et aux informations à fournir dans IFRS 7.

Cet article constitue une mise à jour de notre article consacré à IFRS 9 publié en 2018. Il présente les principales évolutions à connaître en 2026, avec un focus particulier sur la classification, l’évaluation et les pertes de crédit attendues (ECL).

IFRS 9 en 2026 : ce qu’il faut retenir

La logique fondamentale d’IFRS 9 reste la même.

Pour un actif financier, trois grandes questions permettent toujours de déterminer son traitement comptable :

  1. Quel est le modèle économique de détention de l’actif ?

  2. Quels sont les flux de trésorerie contractuels de l’actif ?

  3. Quel est le niveau de risque de crédit et comment évolue-t-il ?

La nouveauté n'est donc pas une révolution complète d’IFRS 9.

Elle réside plutôt dans des précisions apportées à certains cas particuliers, ainsi que dans l'évolution des informations à fournir.

L’IASB a par ailleurs achevé en 2024 son examen post-implémentation des dispositions d’IFRS 9 relatives à la dépréciation et a conclu que les exigences fonctionnaient globalement comme prévu.

1. Classification des actifs financiers : les fondamentaux restent les mêmes

La classification d’un actif financier détermine en grande partie la manière dont il sera ensuite évalué.

IFRS 9 distingue principalement trois catégories :

  • coût amorti ;

  • juste valeur par les autres éléments du résultat global (FVOCI) ;

  • juste valeur par le résultat (FVTPL).

Pour déterminer la catégorie applicable, deux critères sont particulièrement importants :

Le modèle économique

L'entreprise doit déterminer comment elle gère ses actifs financiers.

Par exemple :

  • détient-elle principalement les actifs pour percevoir les flux contractuels ?

  • les détient-elle pour percevoir les flux mais aussi les céder ?

  • ou les gère-t-elle principalement dans une logique de juste valeur / trading ?

Les caractéristiques des flux contractuels : le test SPPI

Les flux doivent généralement correspondre uniquement à des remboursements de principal et à des intérêts sur le principal restant dû.

C’est le fameux test SPPI : Solely Payments of Principal and Interest

Lorsqu'un actif ne satisfait pas ce test et qu'aucune catégorie spécifique ne s'applique, il est généralement évalué à la juste valeur par le résultat.

Cette architecture fondamentale d’IFRS 9 reste applicable en 2026.

2. Ce qui change en 2026 : les nouvelles précisions sur les flux contractuels

L’une des principales évolutions vient des amendements publiés par l’IASB en mai 2024.

Ils portent notamment sur l'évaluation des caractéristiques contractuelles des flux de trésorerie afin de déterminer si un actif peut satisfaire au test SPPI.

L'objectif est de mieux prendre en compte certains instruments dont les flux peuvent varier en fonction d'événements contractuels particuliers.

Pourquoi est-ce important ?

Parce qu'une petite différence dans la structure contractuelle d'un produit financier peut avoir une conséquence importante sur sa comptabilisation.

Prenons un exemple simplifié.

Une entreprise détient une obligation.

Si ses flux correspondent simplement :

principal + rémunération du temps + rémunération du risque de crédit

le traitement au coût amorti ou en FVOCI peut être envisageable, sous réserve notamment du modèle économique.

Mais si les flux dépendent d'une caractéristique qui introduit un risque ou une exposition différente, il faut analyser précisément le contrat.

En 2026, l’analyse du contrat reste donc un élément essentiel du processus IFRS 9.

3. Les clauses contingentes : un point d’attention renforcé

Les amendements de 2024 précisent également certains cas dans lesquels les flux contractuels peuvent varier en fonction d’un événement contingent.

Par exemple, un instrument peut prévoir une modification de ses flux lorsque survient un événement particulier.

Le fait qu'un événement soit « contingent » ne signifie pas automatiquement que l'actif échoue au test SPPI.

L'analyse doit porter sur ce que représentent économiquement les flux de trésorerie résultants et sur les caractéristiques du contrat.

À retenir

Pour les équipes Finance, Risk et Data, cela renforce l’importance de disposer d'une information fiable sur :

  • les caractéristiques contractuelles ;

  • les clauses de remboursement ;

  • les taux d’intérêt ;

  • les événements déclencheurs ;

  • les modifications contractuelles.

Autrement dit : la qualité des données contractuelles devient directement déterminante pour la classification comptable.

4. Paiements électroniques : une précision importante

Les amendements de 2024 introduisent également des dispositions spécifiques concernant certains règlements par systèmes de paiement électronique.

L'objectif est notamment de permettre, sous certaines conditions, un traitement comptable adapté à des transactions dans lesquelles le règlement électronique intervient après la comptabilisation de la dette à régler.

Ces dispositions peuvent sembler très techniques.

Mais leur enjeu est assez concret : les entreprises utilisent de plus en plus des systèmes de paiement automatisés et instantanés.

La norme doit donc pouvoir refléter correctement la réalité de ces nouveaux modes de règlement.

Ces modifications sont applicables aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026, avec possibilité d’application anticipée.

5. Et les ECL ? Le modèle de pertes de crédit attendues reste au cœur d’IFRS 9

L'une des principales innovations d’IFRS 9 reste le modèle des Expected Credit Losses (ECL), ou pertes de crédit attendues.

Contrairement à une approche qui attendrait qu'une perte soit devenue avérée, IFRS 9 demande aux entreprises de reconnaître et de mettre à jour leurs estimations de pertes attendues au fil du temps.

L’objectif est de fournir aux investisseurs une information plus rapide et plus pertinente sur le risque de crédit.

Le calcul doit notamment refléter :

  • une estimation pondérée par les probabilités ;

  • la valeur temps de l'argent ;

  • les informations raisonnables et justifiables disponibles ;

  • les informations historiques, actuelles et prospectives.

6. Les trois « stages » de dépréciation restent applicables

Le mécanisme des ECL repose toujours sur trois niveaux principaux.

Stage 1 : risque de crédit faible ou sans augmentation significative

L'entreprise comptabilise les pertes attendues sur les 12 prochains mois.

Cela ne signifie pas que l'entreprise prévoit uniquement les défauts qui auront lieu dans les douze mois.

Il s'agit d'une estimation de la perte de crédit résultant des événements de défaut possibles dans les douze prochains mois.

Stage 2 : augmentation significative du risque de crédit

Si le risque de crédit a augmenté de manière significative depuis la comptabilisation initiale, l'entreprise comptabilise les pertes attendues sur la durée de vie de l'instrument.

Stage 3 : actif déprécié

Lorsque l'actif présente une dépréciation liée au risque de crédit, il entre dans le troisième stage et continue d'être évalué selon les règles spécifiques applicables aux actifs dépréciés.

Cette logique reste au cœur d’IFRS 9 en 2026.

7. Pas de nouvelle révolution sur l'ECL en 2026

C'est un point important à préciser.

Les évolutions de 2026 ne remplacent pas le modèle ECL par un nouveau modèle.

L'IASB a réalisé un examen post-implémentation spécifique des règles de dépréciation d'IFRS 9. Publié en juillet 2024, cet examen a conclu que les exigences relatives à la dépréciation fonctionnaient globalement comme prévu.

Cela signifie que les entreprises doivent continuer à porter une attention particulière à :

  • la qualité des données de crédit ;

  • la segmentation des portefeuilles ;

  • les probabilités de défaut ;

  • les pertes en cas de défaut ;

  • les expositions au défaut ;

  • les scénarios macroéconomiques ;

  • les pondérations par probabilité ;

  • les informations prospectives (forward-looking information).

Pour les banques et établissements financiers, le modèle ECL reste donc un sujet majeur de Finance, Risk, Data et gouvernance.

8. Une conséquence très concrète : la donnée devient encore plus importante

C'est probablement l'un des principaux enseignements à tirer d'IFRS 9 en 2026.

La norme comptable repose sur des données nombreuses et hétérogènes.

Pour déterminer la classification d'un actif, il faut par exemple disposer d'informations sur :

Le contrat

  • montant ;

  • taux ;

  • échéancier ;

  • clauses particulières ;

  • options de remboursement.

Le portefeuille

  • stratégie de gestion ;

  • historique de conservation ;

  • fréquence des cessions.

Le risque

  • notation ;

  • historique de défaut ;

  • PD ;

  • LGD ;

  • EAD ;

  • garanties.

L'environnement économique

  • croissance ;

  • chômage ;

  • taux d'intérêt ;

  • prix immobiliers ;

  • autres variables pertinentes.

Ces données doivent ensuite être transformées en informations comptables et réglementaires.

Le véritable enjeu n'est donc pas seulement le calcul de l'ECL.

C'est la capacité à tracer la donnée depuis sa source jusqu'au résultat comptable.

9. IFRS 7 évolue également : plus de transparence sur les instruments financiers

IFRS 9 ne doit pas être regardée isolément.

Les amendements de 2024 modifient également IFRS 7 – Instruments financiers : informations à fournir.

IFRS 7 complète IFRS 9 en imposant aux entreprises de fournir aux utilisateurs des états financiers des informations permettant notamment de comprendre :

  • l'importance des instruments financiers ;

  • les risques auxquels l'entreprise est exposée ;

  • la manière dont ces risques sont gérés ;

  • certains éléments liés à la classification et à l'évaluation.

Les modifications de 2024 introduisent notamment de nouvelles informations à fournir concernant certains actifs financiers présentant des caractéristiques contractuelles particulières.

IFRS 9 et IFRS 7 : deux faces d'un même sujet

On peut résumer simplement :

IFRS 9 détermine comment l'instrument est comptabilisé.
IFRS 7 explique aux utilisateurs des comptes ce qu'ils doivent comprendre sur ces instruments et leurs risques.

10. Les améliorations annuelles applicables depuis 2026

Une autre évolution à ne pas oublier est l’Annual Improvements to IFRS Accounting Standards – Volume 11.

Publié en juillet 2024, ce texte apporte plusieurs corrections et clarifications à différentes normes, dont IFRS 9 et IFRS 7. Ces modifications sont applicables aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026, avec possibilité d’application anticipée.

Ces améliorations ne bouleversent pas IFRS 9.

Elles visent plutôt à corriger ou clarifier certains éléments du référentiel.

Pour une entreprise qui maintient ses référentiels comptables, ses règles de gestion ou ses systèmes d'information, elles doivent néanmoins être intégrées dans la veille réglementaire.

11. Un autre sujet 2026 : les contrats d'électricité dépendant de conditions naturelles

Un cas plus spécifique concerne les contrats d'achat ou de vente d'électricité dont la quantité produite dépend de conditions naturelles, par exemple la production éolienne ou solaire.

L'IASB a publié en décembre 2024 des amendements aux normes IFRS afin de mieux prendre en compte ces contrats. Ils concernent notamment IFRS 9 et s'appliquent aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026.

Cette évolution concerne surtout les entreprises exposées aux marchés de l'énergie, mais elle illustre une tendance plus générale : IFRS 9 doit continuer à s'adapter à des produits financiers et contrats de plus en plus complexes.

12. Ce qui est déjà applicable et ce qui est encore en cours

Il est important de ne pas mélanger les normes applicables et les projets encore en discussion.

Applicable en 2026

Évolution

Sujet

Application

Amendements IFRS 9 / IFRS 7 de mai 2024

Classification, évaluation, clauses contractuelles, paiements électroniques, disclosures

1er janvier 2026

Annual Improvements - Volume 11

Corrections et clarifications, notamment IFRS 9 / IFRS 7

1er janvier 2026

Amendements relatifs aux contrats d'électricité dépendant de conditions naturelles

Traitement de certains contrats énergétiques

1er janvier 2026


Encore en cours en 2026

L'IASB poursuit également des travaux sur certains sujets liés à IFRS 9.

Par exemple, un Exposure Draft sur le Risk Mitigation Accounting a été publié fin 2025 et propose des modifications d’IFRS 9 et IFRS 7. La consultation s'est achevée le 31 juillet 2026 : il s'agit donc à ce stade d'un projet, et non d'une modification déjà applicable de la norme.

Même prudence concernant certains travaux de l'IASB sur les modifications de prêts et autres instruments financiers : tant qu'une modification n'est pas publiée comme norme ou amendement applicable, elle ne doit pas être présentée comme une nouvelle obligation IFRS.

13. Et en Europe ? IFRS 9 doit aussi être regardée sous l'angle de l'adoption européenne

Pour une entreprise qui applique les IFRS dans l'Union européenne, une distinction importante doit être faite entre :

les normes publiées par l'IASB

et

les normes applicables dans l'Union européenne après leur adoption dans le cadre européen.

Les amendements de mai 2024 à IFRS 9 et IFRS 7 ont notamment fait l'objet d'une adoption européenne par le règlement (UE) 2025/1047 du 27 mai 2025.

C'est un point important lorsqu'on parle de conformité « légale ».

Une veille IFRS destinée à des entreprises européennes doit donc vérifier à la fois le référentiel IASB et son statut d'adoption dans l'Union européenne.

Pour un contenu à vocation réglementaire, il est donc préférable de toujours distinguer « publié par l'IASB », « applicable à compter de… » et « adopté par l'Union européenne ».

14. Que doivent faire les entreprises en 2026 ?

Pour les équipes Finance, Risk, Data et IT, les évolutions d'IFRS 9 doivent être traduites en actions concrètes.

1. Revoir les règles de classification

Identifier les produits susceptibles d'être concernés par les nouvelles précisions sur les caractéristiques contractuelles et le test SPPI.

2. Vérifier les données disponibles

S'assurer que les systèmes permettent d'identifier correctement :

  • les clauses contractuelles ;

  • les événements contingents ;

  • les caractéristiques des flux ;

  • les données nécessaires au calcul des ECL.

3. Revoir les modèles ECL

Même si le modèle n'est pas fondamentalement modifié en 2026, les entreprises doivent continuer à vérifier :

  • la qualité des données ;

  • les hypothèses ;

  • les scénarios macroéconomiques ;

  • les paramètres de risque ;

  • les mécanismes de staging.

4. Vérifier les disclosures IFRS 7

Les nouvelles exigences peuvent nécessiter de nouvelles données, de nouveaux contrôles et de nouvelles restitutions.

5. Mettre à jour la documentation

Les politiques comptables, procédures, modèles et règles de gestion doivent refléter le référentiel applicable en 2026.

15. IFRS 9 en 2026 : la donnée au centre du dispositif

Six ans après son entrée en vigueur, IFRS 9 n'est donc plus seulement un sujet comptable.

C'est devenu un sujet transverse.

La classification d'un actif peut dépendre de données contractuelles.

Le calcul de l'ECL dépend de données historiques et prospectives.

Les scénarios macroéconomiques alimentent les modèles.

Les résultats doivent être contrôlés, justifiés et documentés.

Et IFRS 7 impose ensuite de restituer une partie de cette information de manière transparente.

On retrouve donc une chaîne de bout en bout :

Données sources → contrats → classification → modèles de risque → ECL → comptabilisation → disclosures → reporting

La robustesse de cette chaîne dépend directement de la qualité, de la traçabilité et de la gouvernance des données.

Conclusion

En 2026, IFRS 9 n'est pas remplacée par une nouvelle norme. Son architecture fondamentale reste celle introduite en 2018 : classification selon le modèle économique et les caractéristiques des flux, évaluation selon la catégorie applicable et reconnaissance des pertes de crédit attendues.

En revanche, plusieurs évolutions doivent désormais être intégrées dans les pratiques des entreprises :

  • les amendements de mai 2024 à IFRS 9 et IFRS 7, applicables depuis le 1er janvier 2026 ;

  • les Annual Improvements – Volume 11, également applicables depuis 2026 ;

  • les précisions relatives à certaines caractéristiques contractuelles et clauses contingentes ;

  • les nouvelles dispositions concernant certains paiements électroniques ;

  • les évolutions relatives à certains contrats d'électricité dépendant de conditions naturelles ;

  • et la poursuite des travaux de l'IASB sur certains sujets IFRS 9.

La version 2026 du référentiel IFRS publiée par l'IFRS Foundation permet de vérifier les normes et amendements applicables au 1er janvier 2026.

Pour les entreprises, le principal enjeu n'est finalement pas uniquement de « mettre IFRS 9 à jour ». Il est de s'assurer que les données, les modèles, les processus comptables et les systèmes d'information sont capables de traduire correctement ces exigences en information financière fiable et traçable.

Sources de référence