6 janv. 2026

IA : les tendances clés de décembre 2025 pour la tech, l’IT et la finance

Data & IA

Photo collaboratrice.

Charlotte

MASSOT

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IA : les tendances clés de décembre 2025 pour la tech, l’IT et la finance

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L’IA a continué de rebattre les cartes en décembre 2025, entre percées technologiques, recomposition géopolitique et ruée des investisseurs. Pour les entreprises, ces signaux confirment que l’IA devient un axe structurant des stratégies data, infra et talent, plutôt qu’un simple sujet d’innovation.

1. Chine : modèles d’IA, mémoire et souveraineté technologique

En décembre, la Chine a consolidé sa place de pôle majeur de l’IA, malgré les sanctions américaines sur les semi‑conducteurs avancés.

Plusieurs initiatives illustrent cette trajectoire : montée en puissance des modèles open source chinois, investissements massifs dans le cloud et l’IA, et priorité nationale donnée aux chaînes de valeur locales.

  • Les modèles de DeepSeek ont continué à se distinguer, avec de nouveaux systèmes revendiquant des performances comparables, voire supérieures, aux meilleurs modèles occidentaux sur des benchmarks de raisonnement, mathématiques et programmation, pour une fraction du coût d’entraînement habituel.

  • Alibaba a poursuivi le déploiement de ses modèles Qwen de dernière génération, positionnés comme concurrents directs des solutions nord‑américaines et soutenus par un plan d’investissement massif dans le cloud et l’IA sur plusieurs années.

  • Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de rattrapage et de dépassement technologique, soulignée par la domination chinoise sur le nombre de brevets dans l’IA et par l’objectif affiché de percées majeures d’ici 2025.

  • Pour les acteurs européens, cette montée en puissance signifie davantage de choix dans les stacks IA (open source chinois, modèles occidentaux, solutions spécialisées), mais aussi une fragmentation accrue des écosystèmes réglementaires et technologiques.

2. Puces, data centers et énergie : l’infrastructure au centre du jeu

L’IA reste avant tout une bataille d’infrastructure : puissance de calcul, mémoire, réseau et énergie. En décembre 2025, deux tendances se sont renforcées : la course aux puces de pointe et la tension croissante autour des data centers.

  • Côté semi‑conducteurs, la pression reste forte pour produire des puces haute performance adaptées aux LLM et à l’IA embarquée, avec une focalisation sur les nœuds avancés (ordre de grandeur 3 nm, 2 nm) et sur les mémoires à très haute bande passante essentielles pour l’entraînement des grands modèles.

  • La Chine pousse ses propres champions de la mémoire, avec l’ambition de réduire sa dépendance aux puces HBM étrangères et de sécuriser l’approvisionnement de ses plateformes IA.

  • En parallèle, plusieurs autorités de concurrence en Europe ont alerté sur la pression que les méga‑data centers exercent sur les réseaux et l’accès à une électricité décarbonée, faisant de l’énergie l’autre goulot d’étranglement de l’IA.

Pour les DSI et directions financières, cela se traduit par :

  • Une nécessité d’optimiser le mix « on‑prem / cloud / edge » pour limiter la dépendance à une seule région ou à un seul fournisseur.

  • Une intégration croissante des contraintes énergétiques (coût, disponibilité, bilan carbone) dans les business cases d’IA et de data platforms.

3. États‑Unis : régulation, guerre des talents et agents IA

Aux États‑Unis, décembre 2025 a été marqué par un double mouvement : volonté politique de reprendre la main sur la régulation de l’IA et intensification de la guerre des talents autour des principaux acteurs.

  • Sur le plan politique, la Maison‑Blanche pousse vers une harmonisation fédérale des règles de l’IA.

  • Dans la Silicon Valley, la bataille des talents s’est encore durcie : sous la pression de Google et Anthropic, OpenAI et d’autres groupes ont continué d’améliorer packages salariaux, equity et bonus pour attirer ou retenir les meilleurs profils IA.

  • Cette inflation des packages dans l’IA se répercute sur l’ensemble du marché tech, y compris pour des profils adjacents (MLOps, SRE, data engineers, sécurité des modèles).

Autre signal fort : le basculement vers l’IA « agentique », c’est‑à‑dire des systèmes capables de prendre des initiatives pour exécuter des workflows métiers complexes.

  • Le rachat à plusieurs milliards de dollars d’un acteur spécialisé dans les agents IA marque la volonté des grandes plateformes sociales et cloud de proposer des agents intégrés dans les usages quotidiens des entreprises.

  • Ces agents ne se limitent plus à la génération de texte ; ils enchaînent recherche d’information, appels d’API métiers, interactions avec des CRM/ERP, voire orchestrations multi‑agents dans des environnements complexes (finance, supply chain, cybersécurité).

Pour les entreprises IT & Finance, le sujet n’est plus uniquement « intégrer un chatbot », mais concevoir des processus « agent‑ready » avec :

  • Des API métiers propres et sécurisées.

  • Une gouvernance robuste (suivi des actions, traçabilité, risques opérationnels).

  • Un recalcul clair du ROI en tenant compte de la productivité et des nouveaux risques.

4. IA générative, vérification de l’information et cybersécurité

Décembre 2025 a aussi rappelé que l’IA n’est pas qu’un accélérateur, mais aussi un facteur de risque, à la fois pour l’information et pour la sécurité des systèmes.

Désinformation et vérification automatisée

  • Sur les réseaux sociaux, de nouveaux outils de « fact‑checking » automatisé basés sur des chatbots sont testés à grande échelle, avec des volumes de requêtes quotidiens importants.

  • Leur utilisation comme arbitres de la vérité suscite toutefois des inquiétudes : absence de transparence sur les sources, hallucinations, biais politiques potentiels et effets de cadrage sur l’opinion publique.

Pour les institutions financières et les grandes entreprises, l’enjeu est double :

  • Protéger leur réputation face à des contenus générés ou « validés » par des IA externes.

  • Déployer des solutions internes de vérification / veille augmentée, maîtrisées de bout en bout (données, modèles, gouvernance).

Cybersécurité augmentée par l’IA

  • L’IA devient aussi un levier clé en cybersécurité, avec des start‑up capables de protéger des centaines de millions à plus d’un milliard d’objets connectés ou de points d’extrémité grâce à des modèles déployés en périphérie.

  • Cette approche « edge AI security » permet de détecter des comportements anormaux en temps réel, sans remonter systématiquement toutes les données vers le cloud, ce qui réduit la latence et la surface d’attaque.

Pour les directions risques, cela ouvre la voie à :

  • Une détection plus fine des menaces en environnement industriel, bancaire et IoT.

  • Une meilleure articulation entre SOC traditionnels et détection distribuée par des modèles locaux.

5. Marché, nouveaux milliardaires de l’IA et implications pour la Finance

Enfin, décembre 2025 confirme que l’IA reste l’un des principaux moteurs de création de valeur, avec l’émergence continue de nouveaux « licornes » et milliardaires du secteur.

  • Des start‑up spécialisées dans la data labellisation avancée, les outils de développement augmentés, la voix synthétique ou les copilotes métiers ont levé chacune plusieurs centaines de millions de dollars en 2025, propulsant leurs fondateurs au rang de milliardaires.

  • Les segments les plus attractifs pour les investisseurs combinent forte barrière à l’entrée (données propriétaires, infra spécifique, régulation complexe) et intégration profonde dans les processus métier (finances, santé, cybersécurité).

Pour les entreprises du secteurs tech, IT et Finance, ces tendances impliquent :

  • De positionner l’IA non seulement comme sujet d’innovation, mais comme vecteur de réallocation de capital : quels métiers automatiser, quelles fonctions augmenter, quels partenaires technologiques sélectionner.

  • D’accompagner les clients dans l’arbitrage entre construction interne, partenariats stratégiques avec hyperscalers et adoption de solutions sectorielles spécialisées, tout en intégrant risques réglementaires (Europe, États‑Unis, Chine) et contraintes d’infrastructure (puces, data centers, énergie).

6. Pénurie mondiale de mémoire : quand l’IA renchérit le coût de l’informatique

La tension sur les puces mémoire n’est plus un sujet réservé aux data centers : elle commence à frapper de plein fouet le marché des PC, avec des effets attendus dès 2026. Selon une étude d’IDC relayée fin décembre, la demande en mémoire HBM pour les centres de données IA ponctionne massivement les capacités de production DRAM et NAND classiques, au point de provoquer une pénurie mondiale.

Le prix moyen des ordinateurs pourrait ainsi augmenter jusqu’à environ 9% en 2026, sous l’effet mécanique de la hausse des coûts de DRAM et de NAND pour les fabricants.

IDC anticipe également une baisse des ventes de PC comprise entre 2,4% et 8,9% selon les scénarios, alors même que le marché arrive au terme du cycle de renouvellement lié à la fin de vie de Windows 10 et à la montée en puissance des « PC IA ».

De grands constructeurs comme Lenovo, Dell, HP, Acer ou Asus ont déjà prévenu leurs clients de hausses de prix généralisées, parfois de l’ordre de 15 à 20% sur certains segments à partir du second semestre 2026.

Pour les entreprises, ce contexte signifie que la stratégie IA ne peut plus être pensée indépendamment de la stratégie d’équipement utilisateur et poste de travail. Les DSI et directions financières devront :

  • Anticiper des budgets matériels en hausse pour 2026‑2027, en particulier sur les flottes PC et les équipements serveurs intermédiaires.

  • Arbitrer plus finement entre prolongation du cycle de vie des machines, bascule vers le cloud et investissements dans des configurations réellement optimisées pour les cas d’usage IA, afin de ne pas subir passivement l’effet de la pénurie

Conclusion

En synthèse, l’IA ne se contente plus de transformer les modèles métiers : elle reconfigure désormais toute la chaîne numérique, du data center au poste de travail. La synthèse de l’article doit donc insister sur un double mouvement : d’un côté, l’IA devient un levier stratégique de compétitivité pour les acteurs tech, IT et finance ; de l’autre, sa vorace consommation de calcul et de mémoire crée des tensions d’infrastructure qui renchérissent le coût de l’informatique, jusqu’aux PC utilisateurs.

En décembre 2025, plusieurs signaux forts se dégagent : montée en puissance des modèles chinois (DeepSeek, Alibaba) dans un contexte de souveraineté technologique et de contraintes sur les puces avancées ; accélération de la bataille des semi‑conducteurs et des data centers, avec l’énergie comme nouveau goulot d’étranglement ; structuration d’une « IA agentique » au cœur des workflows métiers ; et durcissement de la guerre des talents IA dans la Silicon Valley. À cela s’ajoute désormais un effet « boomerang » sur le marché grand public et professionnel : la pénurie mondiale de mémoire, alimentée par la demande des infrastructures IA, se traduit par une hausse attendue des prix des PC et des équipements, obligeant DSI et directions financières à repenser conjointement stratégie IA, stratégie d’infrastructure et politique d’équipement utilisateur.